Connaissez vous l'expression...

Publié le par Quyên

... "Faire son x"?

Vous allez vite comprendre.

Mais il faut d'abord que je vous raconte notre semaine.

Tout d'abord, notre assistante est en vacances.
Comme les fenêtres devaient être changées cette semaine, j'ai travaillé seule au cabinet, comme au bon vieux temps où j'étais encore remplaçante.
Et là, j'ai senti le poids des années. A l'époque je prenais facile, un patient toutes les demi heures.
Aujourd'hui, je réserve une heure, et encore, ça fatigue.

Bref. Donc Nico reste au nouveau cabinet surveiller les poseurs de fenêtre.

Lundi
Portis a remis en service notre chère porte en verre.

Mardi
Le parquet a été livré.
Tonton Jacky, ainsi que tata Annick et la mamie de Nico nous ont aidé à les transporter.
Heureusement parce qu'il y  avait un bon nombre de paquets.
Il était convenu que l'entreprise de X, l'entreprise de pose de fenêtre passe au chantier le matin.
Passé 10 heures, on commençait déjà à en dire du mal, quand il est arrivé dans notre dos.

Soit disant qu'elles devaient être livrées chez lui pour cet après midi, il part sur un autre chantier ce matin et reviendra dans la matinée.
L'après midi, je travaillais.
En revenant le soir, tout était livré chez nous, et la porte d'entrée était posée.
Avec quelques déboires, que Nicolas m'a relaté.
Le châssis était trop grand.
"On n'a qu'à couper le placo du plafond!"
Et vas y que je scie, vas-y que je scie, le plafond que notre maçon s'était appliqué à faire.

Re-essai. Toujours trop grand.
"Ben alors, on n'a qu'à couper le rail là, qui nous gêne!"
Entendant ça, mon chéri a bondi.
"Quoi quoi???? vous voulez couper quoi??? Hors de question, vous vous débrouillez avec la fenêtre, mais on ne touche pas à la trame du plafond !!!" 
Et donc, vas-y que je scie la fenêtre toute neuve.
Bref, le résultat n'est pas trop mal. Quelques bidouilles, mais la porte fonctionne
Biensûr, Mr X, le patron, se pointe le soir, fait mine de controller un peu tout ça, et demande un chèque d'acompte à Nicolas.
"D'accord, c'est ma femme qui s'occupe de ça, je lui en parle ce soir"
Voyant que dès la première journée, tout ne se passe pas parfaitement, on en conclut tous les deux, qu'il faut le faire patienter, et voir si le reste va bien aller, avant de le payer"

Mercredi.
Le matin, il a fallu couper aussi les chassis pour les deux autres portes, mais le jeune poseur avait pris le pli.
Pas trop de souci.
Sur la même journée, Ikea a livré les meubles.
Le soir, après une bonne journée de travail, je passe au local pour voir l'avancée des travaux.
Là, Nico me dit, va voir dans mon cabinet, mais surtout tu ne t'énerves pas.

Et là, c'est la cata. Deux belles portes fenêtres sont posées. j'essaie de les ouvrir, impossible, elles buttent contre le plafond.
Je fulmine. J'ai attrappé le téléphone et j'ai appelé ce responsable de X.
Bref, je vous passe les détails.
En gros, il n'a pas su s'expliquer sur cela, et a vite bifurqué à la première occasion pour me parler de son chèque. Là, j'étais vraiment énervée.
Il est fautif, et il a le toupet de me réclamer de l'argent.
Le ton est monté, et il m'a dit qu'il voulait son règlement pour le lendemain matin, sinon, il arrêtait tous les travaux
C'est ce qu'on verra je lui ai dit.

Jeudi.
Dès le matin, il relance Nico pour l'argent.
Comme on voulait qu'il avance dans le chantier, on lui a pipoté qu'on n'avait plus de chéquier, que pour faire un virement il fallait voir notre conseillère, et qu'on avait pris rendez vous avec elle pour l'après midi.
Ce qui avait pour mérite de le faire patienter un peu.
Nico avait un empêchement perso et devait partir pour midi.
Moi, j'avais pris des patients jusqu'à 14h, comptant venir sur le chantier pour 14h30.

12h, coup de fil.
"Il faudrait que tu viennes, parce qu'ils ont déposé les fenêtres dans ton cabinet, tout est grand ouvert, Mr X s'est barré et l'ouvrier est parti manger..."
Ni une, ni deux, j'annule les trois patients qui me restaient et me pointe illico au cabinet"

On avait demandé à tonton Jacky de venir aussi, parce que face à 4 bonhommes, et un patron qui courrait après son fric, je n'étais pas sûre de faire le poids.

Pendant que deux gus préparent les châssis, tous les deux on s'affaire dans notre coin à poncer.
Soudain, plus de bruit.
Je lâche tout, je descends de mon escabeau, je me dirige vers mon cabinet.
Ils étaient dans la cour, en train d'examiner l'ensemble.
"Tout va comme vous voulez? leur demandais-je"
"Heu...si on veut M'dam..."....
"Vous voyez ce qui m'embête, c'est le jour qu'il y a sous la fenêtre..."
Et en effet, il avait bien 10 cm sous le châssis. La fenêtre de mon cabinet avait l'air d'être suspendue entre nulle part et ailleurs.
"Heu...on va attendre le patron pour voir s'il a une solution...mais là ça fait quand même beaucoup d'erreurs dit'il dans sa barbe, il y a toujours des erreurs de côtes, c'est toujours comme ça, à se demander comment il prend les mesures..."

Et là, application même de l'expression "Faire son X":
Mr X est arrivé. De sa démarche bonhommique, lunettes de soleil sur le nez.
J'allais le tuer.
Quand il est arrivé, aucun de ses trois ouvriers n'ont ouvert la bouche.
Il s'est trouvé comme un c.. devant son châssis inadapté, seul, au milieu de ses ouvriers.
Il s'est mis à mesurer toutes les fenêtres de mon cabinet.
"Mais qu'est ce qu'ils m'ont fabriqué, qu'est ce qu'ils m'ont fabriqué...je comprends pas..."
"Heu c'est pas grave dit'il. on va démonter ça et ça va descendre tout seul, et après il suffira de recouper là et de réadapter le petit hublot en haut...allez, on y va, on y va, donnez moi un tournevis, il est où le tournevis...il est là. Bon, on y va, ça va y aller..."
Ses ouvriers se regardaient entre eux, et ils secouaient la tête. Ils sont partis régler l'autre porte.
Tonton Jacky et moi, on s'est assis, et on le regardait ficher des coup de mallet sur le châssis.
Et son ami, venu l'aider qui lui disait d'une petite voix, mais t'y arriveras pas, c'est pas fait pour être démonté!
ET vas-y que j'y met des coups de mallet, et que je tape et que je tape.
Et nous, on le regardait, dépités. Et l'heure qui tournait, qui tournait, et mon cabinet était grand ouvert, sans châssis, sans fenêtres sans rien.
"je comprends pas, mais qu'est ce qu'ils m'ont fait à l'usine, je comprends pas je comprends pas..."
ET nous on lui disait, "y a pas a tortiller, vous vous êtes planté dans les cotes, c'est tout!"

Et c'est là qu'il nous sort:
"Y a qu'une option.
Faut couper 2,5 cm en bas, et puis 2,5cm en haut et voilà, ça ira"
Et là, tonton Jacky qui n'avait rien dit, "En provisoire oui, mais y'a pas dix milles options, y'en a qu'une seule. Recommander un chassis aux bonnes cotes, c'est tout"

"Mais en haut ça se verra pas, ya le coffre du volet roulant, et en bas, le parquet..."
"Non, faut recommander un châssis dit son ami".

Bref, le reste, je vous le passe,
Le patron qu'il était, avait bonne mine.
Il était tout seul à s'échiner sur le chassis pour le couper.
Et ses ouvriers qui le zieutaient de loin.
Il a mis le chassis provisoirement, et passera commande pour un autre.
Arrivé, là, il était déjà 20h je crois. Et là, il me relance pour le règlement.
Je dis donc que Nico n'est pas encore arrivé, mais qu'il avait probablement vu la conseillère.
Le soir, on avise. Hors de question de payer pour un travail pareil.

Vendredi
Il vient pour faire quelques finitions,et là, relance pour le règlement.
Et là, ça a claqué.
Toute la copropriété est au courant que c'est la société de Mr X qui a posé la fenêtre qui est suspendue entre nulle part et ailleurs.
Au final, on s'est mis d'accord sur une commande au plus vite pour le chassis, la pose des volets Mardi prochain,
et un chèque d'accompte de 4100 euros au lieu de 10800 euros.

Bref, "Faire son X" signifie..."Faire son X".
Y'a pas d'équivalent en ce bas monde.

Voilà, voilà, autant vous dire que ce soir, on est crevés tous les deux.
On va aller faire dodo...

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Me 18/08/2008 16:28

Si j ai bien compris, faire le Joannes c est faire n importe quoi! Bon courage pour la suite et tiens bon, ne lache pas ton cheque avant que le chassis soit commande! Mes bisous du Vietnam.